Report : Artefaact et Voiceless pres. Max Vaahs & Varhat

Vendredi 18 Mars, 00h50, l’alcool coule à flot dans le C1 en direction de gare de Chantenay en dépit de la présence des terribles « bonhommes en uniforme vert ». Malgré tout, l’atmosphère y est moins étouffante que certains vendredis, ce qui laisse présager une soirée sans trop de queue ni de bousculades.

Une fois la dernière canette de 8.6 ingurgitée à grande vitesse, il faut passer l’épreuve du vestiaire et sa phrase désormais culte : « Tes initiales steuplaaaait ». C’est alors que l’on pénètre dans l’antre des nighters. L’équipe de Maxim Leity est au taquet pour veiller au bon déroulement des hostilités. En ce début de soirée, le dancefloor est clairsemé : Thomy de la team Voiceless et Mälher de la maison Artefaact, chauffent progressivement le dancefloor, alignant chacun des disques de qualité. Un warm-up simple mais tout de même efficace. C’est avec surprise que l’on découvre le chill-out, divisé de moitié et ré-agencé pour l’occasion mais toujours aussi chaleureux et convivial. Les trois compères nantais LVH, Obé et Sandro y produisent des sets groovy et sensuels. La sono est adaptée à la taille du dancefloor, avec quatre points de diffusions : Funktion one s’il vous plaît !

Max Vaahs sans vaahseline

Le grand brun aux yeux perçant n’a laissé personne indifférent ce soir là. Sa notoriété s’est construite uniquement grâce à ses DJ sets : impossible de trouver la moindre production de Max. On se sent rassuré lorsque l’on sait que son terrain de jeu habituel est le Robert Johnson à Francfort, où il a partagé les platines avec de grands noms ; Villalobos, Onur Özer, Nicolas Lutz ou encore Raresh… C’est en conquérant que Max Vaahs arrive à Nantes, puisque il est le premier représentant de la scène de Francfort à jouer dans la cité des ducs. En effet, la métropole allemande est un véritable vivier de talents à la pointe de la musique électronique, regroupant des labels comme Sensual, Traffic et HardWorkSoftDrink.

Dès le début de son set on se sent à l’aise, Max nous régale avec une House pêchue, efficace et groovy. A chaque transition, l’intensité augmente d’un cran et sa sélection se tourne peu à peu vers des bombes oubliées, venant tout droit des 90’s. Une chouette ambiance s’installe sur le dancefloor du CO2, permettant au DJ allemand de se lâcher. Ses morceaux de plus en plus toniques finissent par tous nous avoir.

Le résident du Robert Jonhson va nous tenir en haleine jusqu’au bout enchaînant les nouveautés et unreleased de ses amis avec des vieux classiques electro breakée. Son set est un voyage entre Londres, Berlin, Francfort et Detroit. Sa sélection pointue et éclectique combinée à une technique impeccable nous projette sur une autre planète.

A la fin de son set, il cale un classique de Juan Atkins sonnant à merveille sur les stacks Funktion One. À ce moment, on peut lire le sourire témoignant d’une jouissance auditive sur le visage des danseurs.

Varhat assure le relais

Défi de taille pour Varhat, deuxième guest de la soirée chargé du closing. Ce jeune parisien est avant tout un excellent producteur : ses EP sur Aku, Mulen et un white label parisien (dont on ne révélera pas le nom) ont tous fait effet chez les amateurs à leurs sorties. Ils sont d’ailleurs particulièrement appréciés par le roumain Raresh, qui joue régulièrement ses productions. Difficile d’avoir une meilleure publicité pour ce jeune artiste qui commence à faire parler de lui …

Après le set époustouflant de Max Vaahs, l’énergie baisse d’un cran. Varhat se lance dans un set plus linéaire et cyclique. Sa sélection n’en reste pas moins excellente, et l’on devine clairement les influences roumaines omniprésentes chez ce jeune DJ. Sa sélection, tant hypnotique que dynamique, crée tout de même une très bonne vibe dans la Main room du Co2, notamment lorsque il passe le fameux track de Frederico Molinari, que l’on attend avec impatience le 27 Mars à l’Insula.

Pendant ce temps dans le chill-out, Alëx réchauffe les cœurs et les esprits avec ses morceaux toujours percutants. Malheureusement, la température un peu trop basse aura le dernier mot et c’est bel et bien en haut que ça se passe. Varhat déroule toujours, naviguant entre une Minimal très rythmée et une Tech-house rebondissante à souhait. Le milieu de son set prend une tournure plus tonique avant de redescendre progressivement. L’heure fatidique de la fermeture approche, puis lorsque la musique stoppe et que les lumières se rallument, tout le monde semble rassasié, bien qu’il y ait toujours quelques guerriers de la piste en quête d’une troisième mi-temps.

Cette soirée n’a pas déçu et l’on attend déjà, de pied ferme, la prochaine collaboration entre les deux collectifs nantais Voiceless et Artefaact.

Corentin

CO-FONDATEUR / Pur produit Nantais, passionné de musique , amoureux de Nantes et de ses talents multiples.

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