Samifati et Raymon Lazer vs Le Bagad de Lorient, l’acte final

La der des ders, un acte final, une dernière battle ! Samifati & Raymon Lazer veulent en découdre une bonne fois pour toute avec le Bagad de Lorient, le dimanche 14 août pendant le Festival Interceltique.

Voilà déjà deux ans de Samifati et Raymon Lazer affrontent musicalement le Bagad de Lorient. Des battles de haut vol à coup de biniou, bombarde, MPC et MK2, ne pouvant laisser indifférent le public, hérissant les poils à coup sûr. Un choc des cultures, entre tradition de modernité !

Réunis pour la première fois en 2014, par le Red Bull Boom Bus, les gladiateurs bretons vont s’affronter une dernière fois le dimanche 14 août. Une page se tourne !

crédit : Redbull Boom Bus

crédit : Redbull Boom Bus

Nous avons pris la température de Samifati et Raymon Lazer, 48h avant le début de l’Acte Final.

Le dimanche 14 août à 21h aura lieu l’acte final, 3 ans après la première rencontre avec le Bagad de Lorient. Comment est née cette collaboration ? Qui en a été l’initiateur ?

RAYMON LAZER : au départ l’équipe de Red Bull a proposé de créer une “animation” pour le festival Interceltique, électro et musique “celtique”. J’avais travaillé avec le Boom Bus pour des projets electro-jazz avec des musiciens (Morgan These, Max Bedouelle, Charlotte Meas) et ils m’ont demandé de faire le même format pour le FIL de Lorient. J’avais déjà pas mal travaillé avec SAMIFATI, et comme il était de là-bas, il était la personne idéale pour ce projet.
Axel Vanlerberghe est venu se joindre au projet pour la réalisation des vidéos.

SAMIFATI : J’ai été tout de suite hyper emballé par le projet, retourner dans la ville dans laquelle j’ai grandi pour proposer ce projet est un gros plaisir ! À l’origine on imaginait faire le projet sur une petite place à Lorient avec 5/6 musiciens, un peu en Off du festival. Quand j’ai été présenter le projet au Festival Interceltique, ils ont directement été conquis et tellement excités à l’idée du projet qu’ils ont parié sur nous en nous présentant le Bagad de Lorient et ses 40 musiciens, puis en programmant la Battle sur un le principal temps fort du Festival Interceltique. C’était un peu impressionnant, mais le challenge a été hyper stimulant. 1500 personnes sont venues nous voir la première année, 3500 la deuxième année… Maintenant, on verra pour 2016 !!

tu ne peux pas arriver, et dire “on est dj, on fait des prods, tu veux voir nos beats”

Cette rencontre est devenue un rendez-vous incontournable du festival. Vous avez su trouver un terrain d’attente entre musique Celtique, Beatmaking et Deejaying. Un vrai choc des cultures ! Comment se sont déroulées les sessions de travail ?

RAYMON LAZER : Les sessions au début, c’est Christophe le Govic le penn sonneur du Bagad de Lorient (chef d’orchestre) et nous deux, chacun avec un ordi. On a pris leurs thèmes classiques pour les retravailler et en faire des morceaux qui sonnaient electro, trap, drum&bass, hip hop et latino.
Ce qui était frustrant, c’est qu’on avait le rendu machines mais pas celui du groupe.
Ça a été une bonne surprise quand, à la seule et unique répet avant la battle, on a vu les morceaux prendre forme avec tous les instruments.
C’est là qu’on a commencé à y croire et prendre notre pied.

SAMIFATI : Au début, personne n’était sûr du résultat qu’on allait obtenir. Heureusement, on s’est très vite rendu compte que malgré le fait que nos musiques sont différentes, on parle le même langage qui est la musique. J’ai étudié la musique classique au conservatoire et Christophe fonctionne de façon orchestrale avec les musiciens du Bagad, la collaboration entre nous s’est fait de façon assez naturelle finalement.

Biniou et MPC, Bombarde et MK2, comment on trouve un accord entre instruments traditionnels et “machines” ?

RAYMON LAZER : C’est super dur car c’est très limité, le bagad a une gamme de notes très réduites et ils sortent à 130 décibels.
Quand on fait une cover, il faut transposer la partition pour qu’ils puissent la jouer et envoyer du lourd aux machines pour que le mélange des fréquences fonctionne.
Un groupe de 40 ce n’est pas un soliste de jazz, tu dois prévoir chaque mouvement.
Sami n’est pas qu’un beatmaker mais un violoniste issu du conservatoire, il a su composer avec les différentes idées pour que ce soit réalisable.

SAMIFATI : Il y aussi le fait qu’un bagad finalement, ça joue très très aigu ! Avec nos synthés, nos kicks, nos lignes de basses, on arrive à résoudre l’équation et le mélange se fait bien. La partie électronique vient en renfort de la partie traditionnelle et vice et versa.

Il y a un côté très gladiateurs, entrent dans l’arène, mais version Breton. C’est l’effet et l’histoire que vous avez voulu transmettre ?

RAYMON LAZER :  Oui, car on voulu jouer la carte de l’humour sinon ça aurait été présomptueux. On était tellement différents à la base que c’était un bon ressort comique. Et lorsque tu retrouves à jouer dans un événement de musiques traditionnelles avec leur histoire, tu ne peux pas arriver, et dire “on est dj, on fait des prods, tu veux voir nos beats”

SAMIFATI : On a aussi forcé le trait sur nos “personnages”, pour identifier clairement chaque camp ! Au final, le public nous identifie comme les DJ qui défient le Bagad de Lorient et c’est vraiment ce que l’on voulait atteindre. Le Red Bull Boom Bus nous a aidé à structurer cette histoire, c’est devenu un peu notre véhicule de prédilection, et c’est quand même la grosse classe !

Les morceaux seront en téléchargement gratuit sur le site de Red Bull.

La mise en scène est importante pour ce genre de performance ?

RAYMON LAZER : Elle est venue naturellement, comme dans les premiers clips on jouait à se chercher et à se fighter, on a fait la même chose sur scène.



SAMIFATI : La mise en scène est hyper importante parce qu’elle permet au public de connaître la suite de l’histoire en Live. C’est aussi un côté que l’on peut développer facilement car le contexte s’y prête, ce qui n’est pas forcément le cas dans nos projets respectifs et sur les festivals ou les scènes où nous jouons habituellement. On peut totalement se laisser aller et venir ambiancer les gens. C’est très drôle à faire quand tu n’en a pas l’habitude !

C’est le 3ème acte, l’acte final ! Le format de battle reste inchangée ou cette der des ders va être différente ?

RAYMON LAZER :  Oui, j’aurais pas la même chemise.
Cette fois-ci on quitte le format “roots” battle et il y aura une vrai scénographie

SAMIFATI : On travaille depuis plusieurs mois avec Adrien Chatain qui a fait la création lumière. Il connaît les morceaux presque mieux que nous tellement il les a écouté pour imaginer les différentes ambiances. Quand on nous a proposé de faire une de 3ème année, on ne voulait pas proposer la même chose au public. Faire une 3ème année juste, pour faire une 3ème ne nous intéressait pas, on voulait pousser l’expérience plus loin.

crédit : Redbull Boom Bus

crédit : Redbull Boom Bus

Les morceaux vont être compilés, on va pouvoir les réécouter après le festival ?

RAYMON LAZER : On a eu la chance d’avoir accès au Red Bull Studio pour enregistrer quelques morceaux et laisser une trace. C’était marrant de se retrouver dans un lieu qui accueille autant de stars et après de trainer dans les soirées électro et trap parisiennes avec les Lorientais.
Les morceaux seront en téléchargement gratuit sur le site de Red Bull.

SAMIFATI : On a eu beaucoup de demande pour les morceaux, c’est fou ! Du coup, pouvoir enregistrer cet EP était chouette. On a hâte de le partager.

Est-ce que l’on ne pourrait pas imaginer une tournée Samifati & Raymon Lazer vs Le Bagad de Lorient, en Écosse, Irlande, Pays de Galles, Brest, Rennes, Nantes ( 😉 ) ?


RAYMON LAZER : On a eu des propositions pour l’étranger, mais 42 personnes qui ont des projets et des vies différentes, c’est chaud pour monter une tournée.
On a joué à Brest 2016 et c’était un super moment.

SAMIFATI : On a pour projet de faire une date à Nantes, et on aimerait aussi en faire une à Rennes, mais les dates précises ne sont pas encore définies.

L’histoire s’arrête vraiment au 3ème acte ?

RAYMON LAZER : C’était une performance one-shot au départ, il y a eu la revanche et maintenant l’acte final. Si on jouait tous les ans au Festival, on perdrait le côté performance du projet. Après, on a tellement travaillé et pris de plaisir à le faire qu’on ne s’interdit pas de se retrouver pour une occasion exceptionnelle.

SAMIFATI : Je crois que toutes les bonnes choses ont une fin ! En plus on devrait terminer en beauté ce Dimanche à Lorient ! Ce que je retiens c’est qu’on a rarement l’occasion de travailler avec 40 musiciens d’un coup et de s’en sortir avec 40 nouveaux copains. C’était énorme de travailler avec tout ce monde là pendant 3 ans.

Corentin

CO-FONDATEUR / Pur produit Nantais, passionné de musique , amoureux de Nantes et de ses talents multiples.

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